Jean de Béthencourt 4

Publié le par nez-tordu

Dès 1291, des Génois, les frères Vivaldi, y sont probablement passés, mais ne revinrent pas. En 1312, un autre Génois, Lancelotto Malocello, en français Lancelot Maloisel, aborda dans l'île à laquelle il laissa son nom, Lancelot (Lanzarote). Il en fut expulsé par les indigènes. Il y eut ensuite une expédition portugaise en 1341. puis de nombreuses visites de navires venant chercher des esclaves ou échanger des marchandises, par exemple l'orseille, une plante tinctoriale qui permet d'obtenir une teinture rouge. Comme il existait alors un trafic régulier entre la Normandie et l'Espagne au départ d'Harfleur, on peut imaginer que de l'orseille des Canaries soit parvenue jusqu'en Normandie. La recherche de cette plante aurait pu être un des buts de l'expédition de Béthencourt, sa seigneurie de Grainville-la-Teinturière abritant des établissements de teinture, ainsi que des tisserands et des foulons. L'avantage des Canaries, c'est qu'à cette époque, elles n'ont pas de propriétaire. Le pape les avait attribuées en 1344 à l'infant de Castille Don Luis de la Cerda qui mourut en 1348 avant d'en avoir pris possession. Seul le pape pouvait en disposer de nouveau. Or. au début de 1402, la garde du pape Benoît XIII en Avignon est dirigée par Robert de Braquemont. cousin et protecteur de Béthencourt, qui a joué un rôle essentiel dans la préparation de l'expédition. Après l'arrivée de Béthencourt et Gadifer aux Canaries, c'est lui qui préparera le roi Henri III de Castille à recevoir l'hommage de Béthencourt pour les îles, au point qu'on peut se demander s'il n'avait pas à l'origine l'idée d'entreprendre lui-même la conquête des îles. Il aurait obtenu du pape et du roi de Castille la licence d'entreprendre l'expédition et l'aurait cédée à son cousin.

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